Nous avons plus ou moins l’intention de suivre les traces de Camilo Jose Cela, prix nobel de littérature espagnole, qui parcourut l’Alcarria à pied en 1946 tantôt en compagnie d’un vagabond, tantôt en compagnie d’un colporteur. Son ouvrage ”Viaje a La Alcarria” ne manque ni de saveur ni de piquant de par l’observation des moeurs des gens qu’il rencontre en chemin. Ce livre se déguste par petits passages, Camilo étant un fin observateur. Ce pays d’ailleurs était à l’époque beaucoup plus peuplé que maintenant. J’incluerai quelques unes de ses descriptions et poèmes en italique.
Nous découvrirons succéssivement la région de Cifuentes, la Mer de Castille, Zorita de los Canes et Prastana

Romérie hybride

Céphalanthère

| BIBLIOGRAPHIE: Senderos de la Miel GR10 Castilla La Mancha
Notre hôtesse nous propose aimablement de nous reconduire au pont Martinete en voiture. Chose que nous ne refusons pas car la route sera longue. Nous rentrons dans le parc naturel de l’ Alto Tajo qui occupe une superficie de 105721 Ha. Le camping y est interdit sauf en cas de traversée du parc et ce en des endroits biens définis. Les gardiens sont très vigilants. La piste suit le Tage à sa droite. La concavité des roches sert de caisse de résonnance à la rivière en amplifiant son grondement. C’est très impressionnant. La vallée est bien boisée: pins et feuillus se cotoient, égayés de ci de là par les amélanchiers en fleur. Notre piste nous élève par l’Estrecho del Hornillo jusqu’à la lagune de Taravilla. L’endroit est très pittoresque. Un torrent, en période de fortes chaleurs, a déposé son calcaire au bord de la crête, faisant fonction de barrage naturel. Cest ainsi que cette lagune s’est formée. La GR continue à monter jusqu’au village de Taravilla puis redescend par la vallée du rio Cabrillas pous rejoindre le Tage au pont de Penalen. Nous préférons quitter la GR pour prendre un sentier qui démarre au dessus de la lagune. La descente très raide nous conduit au Salto de Poveda: une cascade anciennement utilisée pour la production d’électricité. L’eau rugit en s’écrasant 10m plus bas. Mais non Jean Luc, ce n’est pas ici que nous allons traverser le Tage…En effet nous trouvons la passerelle un peu plus bas. Nous rejoignons une piste sous les pins qui nous conduit au pont de Poveda, 500m de route et nous voilà à nouveau sur une piste qui suit le Tage sur la gauche.
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Quand nous arrivons à hauteur du village de Penalen, il nous reste encore à monter pendant 4 km sur 400m de dénivelé. Nous y arrivons en fin de journée. On y est reçu par un vent glacial. Dans ce village désert nous trouvons enfin notre hôte: une vieille femme. Elle essaye par tous les moyens de nous convaincre de loger chez elle: ce sera moins cher que de louer un appartement de 3 chambres…, elle nous fait visiter sa maison…, met sa main en cornet et m’hurle à l’oreille…Je ne suis pas sourde: je n’ai que quelques notions d’espagnol et si elle parlais moins vite, je comprendrais mieux…De toute façon, c’est décidé, nous prendrons l’appartement. Nous voulons notre intimité surtout qu’il n’y a rien dans le village et que je dois faire le repas et cette fois nous mangerons de bonne heure. Mais nos tribulations ne sont pas finies: commme il n’y a pas d’eau chaude et que je ne trouve pas de quoi allumer le gaz, je dois retourner la chercher. Cette fois elle revient avec du renfort, probablement son mari. Voyant nos cannettes de bière mises à refroidir dans l’eau froide, elle nous demande d’en offrir une au monsieur. Nous nous plions à ses désirata en pensant à cette bière, notre seul luxe, que nous trimbalons sur notre dos depuis ce matin… Ouf! nous voilà enfin seuls, juste à temps pour pouvoir contempler le coucher de soleil qui fait rougeoyer les falaises au bord du Tage. Penalen vit de ses mines de kaolin, on les devine par les entailles blanches dans le paysage.
carte: 539-2, 514-3

La région est réputée pour son vin et son huile d’olive. De nombreux sentiers utilisent cette ville comme point de départ pour des randonnées. L’une d’elles est la route qui longe le Tage que nous n’avons pas eu le temps de faire. Il y a moyen de la rejoindre par le sentier écologique, appelé la Vereda del Cristo, qui permet de découvrir la transition des paysages entre l’Alcarria et la Mancha. A partir du pont de Villarubia, il y a 16.6 km pour rejoindre Aranjuez au niveau de la maison du Laboureur. Le sentier est sinueux vu les grands méandres du Tage qui s’étale nonchalamment dans cette plaine. Comme ses rives ne sont pas accessibles aux machines agricoles, l’endroit est idéal pour observer sa flore et sa faune.
Ruta por el Tajo www.colmenardeoreja.com
C’est à Colmenar de Oreja que se trouvent ces fameuses carrières de marbre blanc qui ont servi à décorer le palais et les jardins d’Aranjuez, les plus beaux monuments de Madrid et la riche place de Chinchon et de Colmenar de Oreja.
La tour de son église de santa Maria la mayor se repère de loin de par ses plus de 60 m de hauteur.
Nous logeons à la casa del Tio Luis. Cette maison en plein centre de Colmenar est dotée d’une superbe cour intérieure typiquement castillane. Son jardin avec piscine vous invite au farniente. Nos hôtes avec lesquels nous avons beaucoup de points communs nous ont fait l’honneur de la visite des lieux. C’est avec regret que le lendemain nous quittons cette belle demeure mais c’est la fin des vacances et nous devons rentrer à Madrid.
Il existe un sentier en boucle qui fait Colmenar de Oreja- Chinchon. Nous prenons le chemin de la fuente Poza Moral.
On passe à côté d’un ancien four de tijanas: énormes jarres en terre cuite où étaient conservés l’huile d’olive et le vin dans toutes les caves de la région. Colmenar était spécialisé dans la fabrication de ces poteries.
De là on bénéficie d’une belle vue jusqu’à Aranjuez. En faisant un petit détour, il y a moyen d’aller jusqu’à l’ermitage de Salceda (san Isidro). La veille, on avait assisté à la fin de la procession qui part de l’ermitage jusqu’à Colmenar. Le chemin nous conduit à travers les vignobles jusqu’à la pinède de Chinchon derrière laquelle se trouve ce qui reste du château des comtes de Cabrera abandonné au 17è siècle
Par chance, nous tombons sur une fête. Des cavaliers accompagnent dignement la procession qui vient de quitter l’église au son du tambour en suivant un circuit sinueux à travers les ruelles.
Cela se termine par une joyeuse cavalcade sur la place.
Cette place, une des plus belles d’Espagne, est entourées de maisons avec arcades et balcons à trois étages datant du 15è siècle. L’église domine la place. Sans tour, elle est un mélange de gothique plateresque, renaissance et baroque.
Bibliographie : rutas del Tajuna Roman Martinez Lominchar
Carte : 606-1, 606-3, 605-4









